La fracture de la tête radiale est l’une des fractures du coude les plus fréquentes chez l’adulte. Pourtant, contrairement à ce que beaucoup de patients imaginent, elle ne nécessite pas toujours un plâtre. La réponse dépend avant tout du type de fracture et de son déplacement.
Table des matières
Ce que révèle le bilan radiologique
Tout commence par une radiographie du coude, parfois complétée par un scanner. Ce bilan permet de classer la fracture selon l’échelle de Mason, qui distingue trois types principaux :
– Type I : fracture non déplacée ou très peu déplacée
– Type II : fracture déplacée de plus de 2 mm
– Type III : fracture comminutive (en plusieurs fragments)
Ce classement est déterminant pour choisir entre immobilisation simple, attelle ou chirurgie.
Quand le plâtre n’est pas nécessaire
Pour les fractures de type I, le plâtre n’est généralement pas indiqué. Une immobilisation courte par attelle ou écharpe suffit, pendant 1 à 2 semaines seulement. L’objectif est de laisser le temps à la douleur aiguë de s’atténuer, tout en évitant une raideur prolongée du coude.
En effet, immobiliser trop longtemps un coude — même avec une fracture peu sévère — expose à des raideurs articulaires difficiles à récupérer. C’est pourquoi la mobilisation précoce est encouragée dès que la douleur le permet, souvent dès le 5e ou 7e jour.
Quand une immobilisation plus stricte est envisagée
Pour une fracture de type II avec déplacement modéré, certains chirurgiens optent encore pour une immobilisation par attelle brachio-antébrachiale pendant 2 à 3 semaines, surtout si le patient n’est pas opéré. Le plâtre circulaire reste rare pour ce type de fracture, car il rigidifie davantage l’articulation sans apporter de bénéfice supplémentaire sur la consolidation.
Si vous vous posez plus largement la question d’un plâtre pour une fracture du bras, sachez que le choix de l’immobilisation dépend toujours de la localisation exacte de la fracture, de son déplacement et de l’articulation concernée.
Quand la chirurgie remplace le plâtre
Les fractures de type II très déplacées et les fractures de type III relèvent souvent d’une prise en charge chirurgicale. Selon les cas, le chirurgien peut :
– Visser ou plaquer les fragments osseux (ostéosynthèse)
– Réséquer la tête radiale si elle est trop fragmentée
– Mettre en place une prothèse de tête radiale, notamment en cas de lésion associée du ligament latéral
Après la chirurgie, une attelle de confort est portée quelques jours, mais là encore, la mobilisation précoce reste l’objectif prioritaire.
Ce que vous devez retenir
Un plâtre classique est rarement le bon traitement pour une fracture de la tête radiale. Dans la majorité des cas non chirurgicaux, une simple écharpe ou attelle pendant une à deux semaines suffit, suivie d’une rééducation rapide. L’essentiel est d’obtenir un avis spécialisé rapidement, de ne pas mobiliser le coude de façon forcée dans les premiers jours, et de ne pas confondre immobilisation courte et immobilisation prolongée. Plus vite le coude récupère sa mobilité, meilleur sera le résultat fonctionnel à long terme.
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