La Rhizarthrose

Dernière mise à jour : 11/11/2025

Qu’est-ce que la rhizarthrose ?

La rhizarthrose, autrement appelée arthrose trapézo-métacarpienne, désigne une arthrose localisée à la base du pouce. Plus précisément, elle affecte l’articulation entre le premier métacarpien et l’os trapèze du poignet. Cette zone, connue sous le nom d’articulation carpo-métacarpienne (CMC1), joue un rôle capital dans les mouvements de préhension, indispensables pour les gestes du quotidien.

La rhizarthrose: Une pathologie fréquente et invalidante

Selon les données épidémiologiques, cette forme d’arthrose toucherait jusqu’à 20 % des personnes de plus de 50 ans, avec une nette prédominance féminine. En effet, les facteurs hormonaux post-ménopausiques, combinés à une laxité ligamentaire accrue, augmentent significativement le risque chez les femmes.

L’importance fonctionnelle du pouce

Le pouce permet les mouvements d’opposition, essentiels à la prise fine et à la pince. C’est pourquoi, lorsque cette articulation est endommagée, les répercussions fonctionnelles sont majeures, rendant les gestes simples — comme ouvrir une boîte ou écrire — extrêmement douloureux.

👉 La prothèse du pouce représente aujourd’hui une solution efficace pour les patients souffrant de rhizarthrose avancée, permettant de restaurer la mobilité et de réduire durablement la douleur ; pour en savoir plus sur les techniques chirurgicales et les résultats fonctionnels, consultez : prothese du pouce et rhizarthrose.

Anatomie de l’articulation trapézo-métacarpienne du pouce – Rhizarthrose
Vue en coupe de l’articulation CMC1 touchée par la rhizarthrose.

Causes et facteurs de risque de la rhizarthrose

Vieillissement articulaire : le facteur principal

Tout d’abord, le vieillissement naturel du cartilage est l’élément déclencheur le plus courant. Progressivement, ce cartilage s’use, se fissure, puis disparaît, provoquant un frottement os contre os.

Déséquilibres hormonaux

Ensuite, la chute des œstrogènes durant la ménopause affecte la qualité du tissu cartilagineux, ce qui accentue la dégénérescence articulaire. De surcroît, cette modification hormonale favorise une hyperlaxité ligamentaire, aggravant l’instabilité de l’articulation.

Activités manuelles répétées

Par ailleurs, certaines professions ou loisirs intensifs (couture, coiffure, jardinage) provoquent des microtraumatismes répétés. À la longue, ces gestes sollicitent excessivement la CMC1, accélérant le processus arthrosique.

Autres facteurs aggravants

En outre, il convient de noter d’autres éléments :

  • Prédisposition génétique
  • Hyperlaxité constitutionnelle
  • Antécédents de traumatismes
  • Affections articulaires systémiques, telles que la polyarthrite

Symptômes caractéristiques de la rhizarthrose

Douleurs mécaniques au quotidien

Généralement, les douleurs se manifestent à la base du pouce, notamment lors de l’usage. Ainsi, des actions simples comme tourner une clé, ouvrir une porte ou saisir un objet deviennent problématiques.

Déformation du pouce

À mesure que la maladie progresse, une déformation typique se dessine : le métacarpien migre radialement, formant une déviation en Z.

Perte de force fonctionnelle

Simultanément, on observe une réduction marquée de la force de pincement. Cela affecte la capacité à tenir des objets ou à effectuer des tâches fines, telles que boutonner une chemise ou manipuler une pièce de monnaie.

Autres signes révélateurs

Parfois, les patients signalent :

  • Une raideur matinale
  • Des craquements lors du mouvement
  • Une gêne croissante lors des efforts prolongés

👉 Pour découvrir des exercices ciblés et adaptés à la prise en charge de la rhizarthrose, rendez-vous sur : exercices pour la rhizarthrose.

Déformation du pouce
Déviation typique du pouce en Z due à la rhizarthrose.

Diagnostic de la rhizarthrose

Examen clinique approfondi

Tout d’abord, le médecin recherche :

  • Le signe de Grind (douleur déclenchée par pression et rotation du pouce)
  • Une sensibilité à la palpation
  • Des limitations de mouvement ou une perte de force

Imagerie complémentaire

Ensuite, une radiographie standard est réalisée. Elle permet d’évaluer :

  • Le rétrécissement de l’espace articulaire
  • La présence d’ostéophytes
  • Une éventuelle subluxation

En cas de doute, une IRM ou échographie peut compléter le bilan. Notamment, ces examens détectent les atteintes précoces ou les lésions associées.

Évaluation fonctionnelle

Enfin, des tests objectifs mesurent l’impact :

  • Force de pincement latéral
  • Score DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand)

👉 Pour en savoir plus sur les causes, les symptômes et les traitements disponibles, consultez notre dossier complet sur l’arthrose ici


Traitements non chirurgicaux de la rhizarthrose

Objectifs initiaux

Le traitement conservateur vise à :

  • Soulager la douleur
  • Préserver la fonction articulaire
  • Retarder l’évolution de la pathologie

Médicaments en première intention

  • Paracétamol, bien toléré, peut être utilisé régulièrement
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), en cure courte
  • Gels locaux (diclofénac, kétoprofène)

Orthèses : soutien mécanique efficace

  • Orthèse de repos nocturne : diminue l’inflammation et favorise le repos articulaire
  • Orthèse de fonction diurne : stabilise l’articulation pendant les efforts

Rééducation spécialisée

  • Exercices de renforcement musculaire
  • Travail de la mobilité douce
  • Prévention des mauvais gestes (ergonomie domestique)
  • Accompagnement par un ergothérapeute pour adapter les gestes du quotidien, les Cures Thermales, et une bonne alimentation pour Réduire l’Inconfort.

Infiltrations ciblées

Deux types principaux :

  • Infiltrations Corticoïdes : effet anti-inflammatoire rapide (efficacité transitoire de 2 à 6 mois)
  • Acide hyaluronique : lubrification articulaire avec amélioration fonctionnelle progressive

Selon les études, 60 à 70 % des patients constatent une amélioration significative sans recourir à la chirurgie.

👉 Pour découvrir plus de détails sur comment prendre en charge une Rhizarthrose (arthrose à la base du pouce) — ses traitements conservateurs, l’orthèse, la rééducation, et les options chirurgicales — consultez notre article 👉 Comment soigner une rhizarthrose ?


Quand envisager une chirurgie pour la rhizarthrose ?

Critères décisionnels

Lorsque la gêne devient constante, plusieurs signes peuvent motiver une intervention :

  • Douleur persistante malgré traitement conservateur
  • Perte d’autonomie fonctionnelle
  • Échec des infiltrations
  • Déformation évolutive invalidante

Bilan préopératoire

Le chirurgien effectue :

  • Un examen clinique détaillé
  • Des radiographies comparatives
  • Une discussion approfondie sur les attentes du patient
Orthèses pour traiter la rhizarthrose
Différents types d’orthèses de pouce utilisées pour soulager la rhizarthrose.

Options chirurgicales pour la rhizarthrose

Trapézectomie (avec ou sans interposition)

  • Consiste à retirer l’os trapèze
  • Option sûre, avec un taux de satisfaction supérieur à 85 %
  • Parfois complétée par un interposition tendineuse (ligamentoplastie)

Prothèse trapézo-métacarpienne

  • Mise en place d’une prothèse semi-contrainte
  • Avantage : récupération plus rapide, meilleure mobilité initiale
  • Indiquée pour les patients actifs, sans atteinte arthrosique globale

Arthrodèse

  • Fusion définitive de l’articulation
  • Moins fréquente, réservée aux patients très actifs
  • Offre une très bonne stabilité, mais limite certains mouvements

Suites opératoires

  • Immobilisation 4 à 6 semaines
  • Rééducation progressive avec kinésithérapeute
  • Reprise fonctionnelle entre 3 et 6 mois

👉 Pour en savoir plus sur l’utilisation d’une attelle dans la prise en charge de la rhizarthrose, consultez : attelle pour rhizarthrose.


Vivre avec une rhizarthrose : conseils pratiques

Gestes adaptés

  • Éviter les prises en pince prolongées
  • Utiliser la paume ou les autres doigts
  • Préférer les outils ergonomiques

Aides techniques

  • Ouvre-bocal à levier
  • Stylos larges et légers
  • Poignées renforcées
  • Adaptateurs pour clés

Activités à limiter

  • Port de charges lourdes avec le pouce
  • Bricolage intensif ou couture prolongée
  • Jeux vidéo sur smartphone sans support

Prévention à long terme

  • Port régulier de l’orthèse nocturne
  • Maintien de la mobilité articulaire
  • Consultation biannuelle pour ajustement du traitement

Témoignage patient – C.D., 62 ans

« Je souffrais depuis plusieurs années de douleurs à la base du pouce, surtout quand je tournais une clé ou ouvrais un bocal. Mon médecin m’a expliqué qu’il s’agissait d’une rhizarthrose. J’ai d’abord essayé les orthèses et les infiltrations, qui m’ont soulagée quelques mois. Mais la gêne est revenue, rendant certains gestes impossibles. Après réflexion, j’ai accepté une trapézectomie. L’opération s’est bien passée et la rééducation a demandé de la patience, mais aujourd’hui je retrouve une main fonctionnelle et quasiment indolore. Je peux enfin cuisiner, écrire et jardiner sans craindre la douleur. C’est un vrai soulagement, et je suis reconnaissante envers l’équipe médicale qui m’a accompagnée avec bienveillance. »


FAQ sur la rhizarthrose

FAQ – Rhizarthrose (arthrose de la base du pouce)

1. Comment guérir de la rhizarthrose ?

On ne peut pas « reconstruire » le cartilage, mais on peut nettement soulager : orthèses, antalgiques/AINS, gels, infiltrations (corticoïdes ou acide hyaluronique), rééducation et gestes du quotidien adaptés. La chirurgie est discutée si la douleur persiste malgré ces mesures.

2. Quelle est la différence entre l’arthrose et la rhizarthrose ?

L’arthrose est l’usure du cartilage d’une articulation. La rhizarthrose est une arthrose localisée à l’articulation trapézo-métacarpienne (CMC1), à la base du pouce, responsable de douleurs en pince et perte de force.

3. Quelles sont les causes de la rhizarthrose ?

Vieillissement du cartilage, facteurs hormonaux (ménopause), hyperlaxité, micro-traumatismes répétés (gestes manuels), antécédents de traumatismes et parfois terrain familial. La prévention repose sur des gestes doux et un soutien articulaire adapté.

4. Quand se faire opérer de la rhizarthrose ?

Si la douleur reste gênante au quotidien malgré un traitement bien conduit (orthèses, médicaments, infiltrations, rééducation) pendant plusieurs mois, s’il existe une gêne fonctionnelle majeure ou une déformation évolutive. La décision est personnalisée avec votre spécialiste.

5. Comment se déroule l’opération de la rhizarthrose ?

Selon le cas : trapézectomie (avec ou sans ligamentoplastie), prothèse trapézo-métacarpienne, plus rarement arthrodèse. L’intervention est suivie d’une immobilisation courte, puis d’une rééducation progressive (mouvements lents, sans douleur vive) pour récupérer la fonction.

6. Combien de temps dure une opération du pouce ?

La durée varie selon la technique et le contexte, mais se situe le plus souvent autour d’une à deux heures. L’objectif est une prise en charge sûre, avec contrôle de la douleur et reprise fonctionnelle guidée en rééducation.


Comment soulager la rhizarthrose en 6 étapes simples

Comment soulager la rhizarthrose au quotidien

  1. Étape 1 – Identifier les signes précoces
    Repérez les douleurs à la base du pouce, surtout lors des mouvements de pince ou d’ouverture d’objet. Une consultation médicale permettra de confirmer le diagnostic et d’évaluer le stade de la maladie.
  2. Étape 2 – Mettre le pouce au repos
    Évitez les gestes répétitifs et les activités sollicitant fortement le pouce. Le port d’une orthèse la nuit aide à stabiliser l’articulation et à diminuer l’inflammation.
  3. Étape 3 – Utiliser les traitements médicamenteux simples
    Le paracétamol ou un anti-inflammatoire léger, selon la prescription de votre médecin, peut soulager la douleur. L’application d’un gel anti-inflammatoire local est également efficace.
  4. Étape 4 – Porter une orthèse adaptée
    Une orthèse de fonction diurne permet de stabiliser le pouce lors des activités manuelles. Les modèles thermoformés assurent un maintien confortable et personnalisé.
  5. Étape 5 – Commencer une rééducation douce
    Un kinésithérapeute ou un ergothérapeute peut vous guider dans des exercices visant à préserver la mobilité et à renforcer les muscles autour du pouce.
  6. Étape 6 – Envisager la chirurgie si la douleur persiste
    Si malgré plusieurs mois de traitement conservateur la douleur reste importante, votre chirurgien pourra discuter d’une intervention comme la trapézectomie ou la pose d’une prothèse du pouce.

Ce guide ne remplace pas un avis médical personnalisé. Consultez toujours votre spécialiste avant toute décision.


Conclusion : la rhizarthrose peut être maîtrisée

En résumé, bien que fréquente et invalidante, la rhizarthrose peut être efficacement prise en charge. Grâce à un diagnostic précoce, des soins adaptés et une éventuelle chirurgie ciblée, la majorité des patients retrouvent une vie normale et active.

N’attendez pas que la douleur devienne un frein : consultez un spécialiste dès les premiers symptômes. Pour en savoir plus sur cette spécialité chirurgicale, consultez notre dossier complet sur la traumatologie.

Vous avez des douleurs articulaires ou une question sur votre pathologie? Écrivez-nous directement à l’adresse suivante : [email protected] , on vous répondra sous 24 à 48h avec des conseils adaptés à votre situation.


Références scientifiques

Colonna S., « Rhizarthrosis Part I: A Literature Review », PMC – PubMed Central, 2024. URL : pubmed.

Nuessle N.C., Vögelin E., Hirsiger S., « Trapeziometacarpal osteoarthritis – a stepwise therapeutic approach », Swiss Medical Weekly, 2021. URL : smw


5 réflexions au sujet de “La Rhizarthrose”

  1. J’ai une rhizarthrose évoluée soulagée un peu par une prise régulière de collagène. Une rééducation du pouce est-elle possible pour soulager les petites douleurs entre le pouce et l’index ?

    Répondre
    • Oui, une rééducation du pouce est tout à fait possible et souvent bénéfique pour la rhizarthrose évoluée. Elle repose sur des exercices doux visant à maintenir la mobilité de l’articulation, renforcer les muscles qui soutiennent la base du pouce et améliorer la fonction de préhension entre le pouce et l’index. Ces exercices sont généralement réalisés sous la supervision d’un kinésithérapeute et peuvent être associés au port temporaire d’une orthèse de repos pour diminuer les contraintes sur l’articulation lors des activités manuelles. L’objectif est de limiter la progression de la douleur et de préserver au maximum l’usage de votre main au quotidien. Avez-vous déjà consulté pour un programme de rééducation personnalisé ?

      Répondre

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